"Pas de Suisse à 10 millions" : quel impact pour les entreprises régionales ?
Trois entreprises régionales témoignent des potentielles conséquences pour leur secteur d'activités en cas d'acceptation de l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions", notamment en ce qui concerne le recrutement de personnel.
Quelles difficultés rencontrez-vous à l’heure actuelle par rapport au recrutement ?
Nous rencontrons des difficultés croissantes pour recruter du personnel qualifié, en particulier dans les métiers techniques (conducteur de travaux) et personnel de chantier (contremaître, chef d’équipe et maçons CFC par exemple). Les profils expérimentés sont rares et nous observons une concurrence entre les entreprises pour attirer les mêmes talents.
Êtes-vous dans une situation de pénurie de personnel qualifié ?
Oui, notre secteur est actuellement confronté à une pénurie structurelle de main-d’œuvre qualifiée.
Selon vous, quelles en sont les raisons ?
Dans certains métiers de la construction, l’attractivité est en baisse auprès des jeunes générations. De plus, il existe un décalage entre les besoins des chantiers et les formations disponibles. À cela s’ajoute le départ à la retraite progressif d’une génération expérimentée, les baby‑boomers, qui peuvent quitter les chantiers du gros œuvre dès 60 ans et ceux du second œuvre dès 62 ans. Enfin, il existe une forte demande liée à la croissance des projets d’infrastructure et de construction.
Quelles difficultés rencontrez-vous à l’heure actuelle par rapport au recrutement ?
Nous rencontrons des difficultés croissantes à recruter du personnel qualifié, en particulier dans les métiers de la restauration et de l’hôtellerie. Le marché du travail est tendu et la disponibilité de profils formés et expérimentés est limitée. Cela nous oblige à redoubler d’efforts pour maintenir notre niveau d’exigence en matière de qualité de service.
L’initiative pourrait entraîner la fin de la libre-circulation des personnes et aurait ainsi une incidence sur le recours aux travailleurs étrangers. Seriez-vous en mesure de maintenir le même niveau de service sans cette main-d’œuvre ?
Sincèrement, cela serait extrêmement difficile. Le recours à une main-d’œuvre étrangère fait aujourd’hui partie intégrante de notre fonctionnement. Sans la libre circulation des personnes, nous serions fortement impactés en termes de compétitivité et d’attractivité, avec un risque réel de ne plus pouvoir garantir le même niveau de service.
Quel serait selon vous l’impact sur l’attractivité touristique de la région ?
L’impact serait assurément négatif. La qualité de l’accueil et du service est un élément clé de l’expérience touristique en Gruyère et plus largement, en Suisse. Si celle-ci venait à se dégrader faute de personnel, cela affecterait directement l’image et l’attractivité de la région.
Rencontrez-vous des difficultés de recrutement à l’heure actuelle ?
S’agissant du personnel d’aide et de soins, qui représente la très grande majorité de notre effectif, nous recevons régulièrement des offres spontanées. Globalement, nous ne rencontrons pas trop de difficultés actuellement.
L’initiative pourrait entraîner la fin de la libre-circulation des personnes et aurait ainsi une incidence sur le recours aux travailleurs étrangers. Quels métiers seraient les plus touchés au sein du réseau ?
Clairement le personnel d’aide et de soins. L’acceptation de l’initiative pourrait accentuer la pénurie projetée des personnels de santé.
Y a-t-il un risque pour la qualité ou l’accès aux soins ?
Je ne l’espère pas et je ne le souhaite pas. Il appartient et appartiendra au RSSG, avec l’appui des communes, de poursuivre le développement d’une offre de prestations cohérente, accessible et de qualité pour la population gruérienne.
Quel impact l’acceptation de l’initiative aurait-elle sur les projets futurs du Réseau Santé et Social de la Gruyère ?
Au vu de l’évolution significative du nombre d’aînés ces prochaines années, les projets en cours et futurs devront se réaliser tout en tenant compte des ressources humaines nécessaires à leur exploitation.
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